Psychothérapie analytique

« On ne recule devant rien, devant aucune absurdité pour échapper à son âme. »

Carl Gustav Jung


L’Âme et la Vie, recueil de textes, trad. Roland Cahen et Yves Le Lay, éditions Buchet-Chastel, 1963, Le Livre de Poche, coll. Références, 1995

Outline illustration of a skull with three roses in the background.
Un motif circulaire complexe avec des formes géométriques et des motifs symétriques en différentes nuances de vert.

« Si on devait dire ce qu’est en nous la création c’est l’imprévisible de nous-même, c’est notre soleil intérieur. »

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« Si on devait dire ce qu’est en nous la création c’est l’imprévisible de nous-même, c’est notre soleil intérieur. » 〰️

Ma pratique s’appuie sur la conception du fonctionnement psychique issue des travaux et recherches de Carl Gustav Jung (1875- 1961) et sur ma longue expérience personnelle de cette approche.

La psychothérapie analytique se déroule en une suite d’entretiens non directifs, en face à face, qui ont lieu la plupart du temps, une fois par semaine. Cette régularité est un ingrédient essentiel à un travail fructueux, fondé sur un engagement mutuel.

Il s’agit d’une démarche exploratoire de la vie psychique dans sa diversité et sa complexité. Sans cesse mouvante, elle plonge ses racines dans les expériences et les évènements passés. Convoquant notre affectivité, nos diverses intelligences et mémoires, notre imaginaire, elle se présente à nous sous différentes formes : souvenirs, émotions, réflexions, interrogations, humeurs, sensations tout ceci dans de multiples tonalités et fluctuations.   

Elle prend en compte les dimensions personnelles de l’individu, conscientes et inconscientes mais aussi des strates plus enfouies de la psyché qui constituent ce que Jung a nommé l’« inconscient collectif » en raison de ses contenus civilisationnels.

C'est bien d'un parcours dont il s'agit, tout au long duquel le sujet est stimulé dans son développement psychique. Il prend progressivement conscience de ce qui le distingue d’autrui ; de sa singularité, qu’il pourra de mieux en mieux assumer et incarner. Ce cheminement de chaque individu vers lui-même a été nommé par Carl Gustav Jung le « processus d’individuation ». 

En développant une forme de communication, de dialogue, d’intimité, avec notre vie inconsciente par l’attention portée à ses manifestations, notamment aux rêves, aux fantaisies, aux intuitions, aux humeurs, aux discours intérieurs, la personnalité peut s’enrichir, s’élargir, évoluer.

Abstract watercolor painting of a red and blue botanical figure on a white background.

La psychothérapie analytique s’intéresse tout particulièrement au monde onirique, ce monde qui a interpellé les êtres humains de tous temps et en tous lieux. Les rêves sont étranges, surprenants, parfois profondément bouleversants et dérangeants, mais n’étant pas élaborés par notre conscient, ils sont le plus souvent révélateurs de réflexions et questionnements profonds, d’une intelligence qui nous échappe. Ils peuvent nous surprendre, nous bousculer, voire nous secouer, mais nos tentatives pour nous y intéresser, essayer de les comprendre, même partiellement, même imparfaitement, sont une contribution inestimable à la connaissance de nous-même et à nos possibles évolutions.

Jung a mis en avant la capacité de l’inconscient à faire émerger des solutions créatives aux conflits psychiques, libérant ainsi les énergies du sujet. Une charmante histoire issue de sa vie personnelle, évoque très bien cela. Un jour, alors qu’il discutait dans son jardin avec l’une de ses collaboratrices, il aperçut ses petits enfants jouant dans le ruisseau, non loin de là. Ils en retiraient les cailloux qui empêchaient l’eau de s’écouler librement. Le commentaire qu’il fit alors était limpide : le travail thérapeutique consistait à permettre que l’énergie psychique puisse reprendre son mouvement. Il s’agit effectivement de lever les obstacles à cette circulation, de libérer un passage pour le flux vital du sujet. Il pourra ensuite s’exprimer sous toutes les formes imaginables, des plus discrètes aux plus tumultueuses, en passant par d’infinies variations.

Le travail analytique dans son approfondissement progressif, tend à stimuler des ressources qui n’ont pas encore été déployées et pourront permettre à la personne d’envisager des directions nouvelles. Dans cet espace, quelque chose de l’ordre de l’imprévisibilité, de la créativité, est sollicité.

Mais laisser entendre qu’un tel travail soit à l'image d'une longue promenade sous les cerisiers en fleurs serait néanmoins illusoire.

« Le processus analytique consiste, la plupart du temps, en une plongée dans l’obscurité du monde…C’est dans cette humus, dans cette matière première sombre, souvent gluante, effarante, que l’analyste et son patient sont appelés à dénicher les germes d’une activité psychique encore vivante, renouvelable et stimulante. »

Pierre Willequet et col., 2018, Jung et l'élan créateur, p.65, Esperluète /L’arbre Soleil

En ce sens, la notion de guérison comprise comme un retour à un état antérieur, n’est pas vraiment adaptée. Ce qu’il est permis d’espérer ressemble davantage à d’incessants remaniements et renouvellements de soi-même, au cours d’un processus auquel nous participons activement sans jamais pour autant le maîtriser.

Quant à la dimension spirituelle de la vie du patient, quelle que soit la forme ou les formes qu’elle prend, elle doit pouvoir s’exprimer librement, s’il le souhaite. Une approche thérapeutique analytique ne peut que lui réserver un accueil sensible et respectueux.

« Si on devait dire ce qu’est en nous la création c’est l’imprévisible de nous-même, c’est notre soleil intérieur. »

« Si on devait dire ce qu’est en nous la création c’est l’imprévisible de nous-même, c’est notre soleil intérieur. »